• Following sean

Publié le par cine.gi

Following sean documentaire de Ralph Arlyck

avec
Sean Farrell (le sujet du film), Ralph Arlyck (le cinéaste), Johnny Farrell (le père de Sean, qui a quitté une vie aisée, conservatrice, style années 50 pour les idéaux et la folie des années 60 à Haight Ashbury et, plus tard, la vie en communauté au nord de la Californie), Susie Farrell (la mère de Sean, qui a grandi dans une famille communiste, a épousé Johnny à 14 ans, et a élevé trois enfants), Elisabeth Cardonne-Arlyck (l’épouse française du cinéaste, aujourd’hui professeur dans une faculté, qu’il a rencontrée à San Francisco au moment où il réalisait le film originel), Zhanna Farrell (une jeune femme russe, que Sean rencontre et épouse pendant le film), Hon Brown (la grand-mère maternelle de Sean, une figure importante du parti communiste de San Francisco et noyau de la famille de Sean), Archie Brown (le grand-père maternel de Sean, leader du parti communiste et syndicaliste parmi les dockers, auditionné par la HUAC Commission des Activités Anti-américaines, dont le but était de débusquer des agents communistes dans le pays, décédé au début des années 90 d’un cancer résultant de l’exposition à l’amiante), Debbie Farrell (la soeur de Sean qui, comme sa mère, s’est mariée jeune et travaille aujourd’hui comme femme de ménage à San Francisco), Kevin Arlyck, Matthew Arlyck (les fils du cinéaste), Alex Farrell (le fils de Sean et de Zhanna qui, à la fin du film, a le même âge que Sean dans le film originel)

durée : 1h28
sortie le 9 novembre 2005

***


Synopsis
En 1969 à San Francisco, dans un célèbre court métrage, un petit garçon de 4 ans, Sean, assis pieds nus sur un canapé, parle de fumer de l'herbe, d'habiter avec des accros aux amphets, et de flics qui "cassent des têtes".
Trente ans plus tard, le réalisateur retrouve ce gamin, ses parents libertaires et sa mamie communiste. Mais les choses ne tournent jamais comme on le pense.

***

Extraits du dossier de presse
Alors qu’il est étudiant au milieu des années 60, le cinéaste Ralph Arlyck habite le quartier
hippie de Haight Ashbury à San Francisco. La ville vit au rythme de la révolution culturelle des Etats-Unis. Le campus de l’Université d’Etat de San Francisco est inondé de flics en tenue antiémeute. Et le « Haight » est rempli de vagabonds et d’idéalistes.
Au deuxième étage de l’immeuble d’Arlyck, dans un appartement ouvert à tous et à toutes, vit un enfant précoce de 4 ans, issu du "Beautiful People": Sean.
De temps à autre, Sean vient lui rendre visite.
Et, un jour Arlyck met en marche sa caméra.
Arlyck filme Sean en roulant derrière lui en skateboard dans les rues du quartier. Puis il le fait asseoir sur le canapé de son salon pour une interview de 15 minutes. Le maximum que permet la durée d’attention d’un enfant de 4 ans.
Sean joue avec ses pieds nus devant la caméra, parle de façon désinvolte des habitudes du quartier, du flot de visiteurs qui passent chez lui — les accrocs aux amphets, les fumeurs d’herbe, les gourous — et de sa haine pour les flics qu’il voit embarquer tout ce petit monde.
Cet enfant va secouer les spectateurs avec sa simple déclaration « Bien sûr, je fume de l’herbe ».
Mais c’est la confiance espiègle de ce bambin aux pieds nus qui ébranle le schéma traditionnel de l’Amérique en incarnant un esprit de liberté et une promesse de possibilités infinies.
Le film va devenir rapidement célèbre et primé dans des festivals du monde entier, disséqué dans la presse, et présenté lors d’une conférence à la Maison Blanche sur les aides de l’Etat aux enfants.
« Le court métrage originel, intitulé SEAN, avait été discuté et digéré en tant que document prophétique, précise le réalisateur, à la fois pour Sean lui-même et pour la culture dans laquelle il grandissait. Inquiétant si on se sentait offensé par le mode de vie de Haight Ashbury. Et rassurant si on croyait que la stagnation culturelle des années 50 était en passe d’être balayée. »
Arlyck retourne à New York après avoir terminé le film. Mais, on lui demande souvent s’il sait ce qu’est devenu "le gosse du Haight". Dans le chemin que pourrait suivre un tel enfant, il semble y avoir de la promesse et du danger.
« Je suppose que j’avais une place privilégiée pour assister à la naissance d’une nouvelle culture américaine, se souvient Arlyck de ses jours passés dans le quartier de Haight Ashbury. Mes voisins étaient des étudiants en médecine radicaux au premier étage et la famille de Sean au-dessus, au deuxième, dans une piaule délirante avec un flux continu de monde qui arrivait et partait. Et au beau milieu de tout ça, il y avait ce garçon de 4 ans, Sean. J’étais aux premières loges de ce qui allait devenir "l’avant garde révolutionnaire". »



Quand Ralph Arlyck décide de retourner à San Francisco, pour retrouver ce qu’il croit être le centre de sa quête : Sean, la personne gravée sur la pellicule du film Super-8, il n’a aucune idée à quel point la vie de ce petit garçon, devenu adulte, reflètera la sienne.
Fort de son premier film de 15 minutes, SEAN, Ralph Arlyck entreprend une démarche documentariste (le film se construit en direct) et une démarche beaucoup plus fictionnalisante, notamment par le suspense lié à l’enquête. La caméra de Ralph Arlyck devient alors un élément récurrent dans la vie de Sean, le suivant de 1994 à 2003.
Le documentaire qui en résulte, Following sean, réunit trente ans plus tard les histoires de deux familles sur trois générations, une sur chaque côte des Etats-Unis.
« La dynamique et les influences familiales qu’on essayait de capter, explique Arlyck, émergeaient peu à peu comme un contrepoint « côte ouest » à mes propres origines familiales. Pendant que j’écoutais Sean parler de son père, et surtout de l’inspiration que fournissaient les idées très ouvrières, très communistes de ses grands-parents, je me suis rendu compte que j’examinais ma propre vie autant que celle de Sean. »
Dans
Following sean, Ralph Arlyck réalise non plus un film sur Sean, comme dans le court-métrage originel, mais un film avec lui, sur sa famille, et sur la sienne : le portrait approfondi de trois générations d’utopistes américains. Arlyck n’est plus le metteur en scène mais plutôt l’acteur. Personnage jusqu’alors invisible derrière la caméra, omniprésent par son monologue, il s’inscrit désormais sur la pellicule (dans le reflet d’une vitre, puis filmé par Sean lui-même).
« La plupart d’entre nous essaient constamment de départager ce qui vient vraiment de nousmêmes et ce que nous devons à nos familles : ceux avec lesquels nous habitons, ceux qui nous ont créés, et ceux qui continueront après notre disparition. C’est ce qu’il y avait de si merveilleux en retrouvant Sean et ceux qui l’entourent : de voir comment une famille américaine atypique – il ne faut pas oublier qu’on parle là de hippies, de communistes, et d’autres marginaux – peut néanmoins incarner des courants majeurs de ce qui se passait aux Etats-Unis à l’époque, et ce qui se passe encore aujourd’hui. »



« Quand les gens vous disent plus tard que votre film est resté dans leur esprit, qu’ils y ont pensé le lendemain ou une semaine plus tard… c’est ça le plus satisfaisant. Mon but est de toucher les gens, de trouver un lien entre les événements quotidiens et les pensées aléatoires de ma propre vie et ce que je suppose être les sujets des réflexions des autres. »

***
Réalisateur : Ralph Arlyck
Scénariste : Ralph Arlyck
Production : A Timed Exposures
Compositeur : Eric Neveux
Directeur de la photographie : Ralph Arlyck, Tom Tucker
Producteur exécutif : Steve Lieber, Steve Wax
Chef monteur : Malcolm Pullinger
Distribution : Les Films du Safran

présentation réalisée avec l’aimable autorisation de
remerciements à Raphaël Vion
logos, textes & photos © 2005, tous droits réservés www.lesfilmsdusafran.fr

Publié dans PRÉSENTATIONS

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article