• Eternal sunshine of the spotless mind

Publié le par cine.gi

Eternal sunshine of the spotless mind film de Michel Gondry

avec
Jim Carrey, Kate Winslet, Kirsten Duns, Mark Ruffalo, Elijah Wood


durée : 1h48
sortie le 6 octobre 2004

***

Synopsis
Après un an de vie commune, Joel et Clementine ne voient plus que les mauvais côtés de leur tumultueuse histoire d'amour. Tout ce qui faisait le charme de leur idylle naissante – les coups de folie et les élans incontrôlés d'une fille fantaisiste et versatile, les
incorrigibles petites manies d'un garçon mélancolique et renfermé – leur est devenu insupportable.
Et Clementine, qui n'arrivait jamais à se fixer, a pris la décision radicale de faire effacer de sa mémoire toute trace de cet amour. Opération réussie : elle n'a désormais en tête plus la moindre image de Joel.
Effondré, celui-ci contacte l'inventeur du procédé Lacuna, le Dr. Mierzwiak, pour qu'il extirpe également de sa mémoire tout ce qui se rattachait à Clementine.
Deux techniciens, Stan et Patrick, s'installent à son domicile et se mettent à l'oeuvre, en présence de la secrétaire, Mary. Les souvenirs commencent à défiler dans la tête de Joel, des plus récents aux plus anciens, et s'envolent un à un, à jamais.
Mais en remontant le fil du temps, Joel redécouvre ce qu'il aimait depuis toujours en Clementine – l'inaltérable magie d'un amour dont rien au monde ne devrait le priver.
Luttant de toutes ses forces pour préserver ce trésor, il engage alors une bataille de la dernière chance contre Lacuna…


***

Une histoire d'amour… sens dessus dessous
Il y a quelques années de cela, le réalisateur Michel Gondry dînait à Londres avec un ami, l'artiste Pierre Bismuth. Ce soir-là, Bismuth lança une idée provocante et riche de possibilités : « Que dirais-tu si tu recevais une carte t'annonçant que tu as été effacé de la mémoire d'une certaine personne, et que tu devrais désormais t'abstenir de tout contact avec elle ? »
Peu de temps après, Gondry découvrit le script original de Charlie Kaufman pour "Dans la peau de John MALKOVICH", qui lui donna aussitôt l'envie de travailler avec cet auteur virtuose et hors normes, signataire de certains des scénarios les plus insolites jamais filmés à Hollywood.

: « Son écriture me stimule. L'idée première que je m'étais faite de ce film en fut chamboulée. Je décidai d'y parler de nos souvenirs ; du fait que nous sommes nos souvenirs ; que nos souvenirs affectent toute notre vie, et que leur perte prématurée est une tragédie. »

Charlie Kaufman : « Michel m'a proposé cette idée, m'a demandé si cela me plairait d'en tirer un scénario. J'ai accepté parce
que j'aime Michel et aimais déjà ses vidéos. »

"Eternal sunshine of the spotless mind" (titre emprunté à un poème d'Alexander Pope) serait à la fois une histoire d'amour, une comédie, un film d'émotions. Restait à l'écrire…

C. K. : « Cela m'a pris trois ans car je devais d'abord rédiger un autre script (adaptation). Lorsque je me suis finalement
attelé à celui-ci, j'étais à court d'idées. Or, bien que je fonctionne de manière relativement logique, je ne suis pas quelqu'un de très organisé, du genre à écrire chaque matin de 9 à 12. J'ai donc flemmardé, tergiversé… »

Tandis que Kaufman cherchait l'inspiration, Gondry choisissait encore un autre de ses scénarios originaux :
"Human nature", pour en faire son premier long métrage.

C. K. : « Je me suis mis à travailler avec lui et nous avons commencé à mieux nous connaître.
»

M. G. : « Un dialogue permanent s'est instauré entre Charlie et moi.
»

Steve Golin (producteur ) :
« Michel et Charlie se complètent. Le premier n'a pas seulement un réel talent visuel, mais aussi une âme et une humanité qui font parfois défaut aux artistes visuels. Le second est probablement le scénariste le plus inventif avec lequel il m'ait été donné de travailler. Il crée des situations et des personnages qui sortent radicalement de l'ordinaire, mais dans lesquels vous pouvez vous reconnaître, et il a aussi des idées visuelles fortes. »

Anthony Bregman (producteur)  :
« Les scénarios de Charlie sont d'une grande rigueur intellectuelle et riches en surprises comme en émotions. Michel, lui, construit des films à tiroirs, dont il extrait une histoire après l'autre. Tous deux possèdent une inépuisable
imagination. Leurs talents respectifs se marièrent dès les premières pages d'Eternal Sunshine.
»

C. K. : « Nous avons d'emblée, et régulièrement, discuté du rôle de la caméra. Jusqu'où irait-elle dans la représentation
de la subjectivité ? Certaines vidéos de Michel vous donnent l'impression de pénétrer dans l'esprit d'une autre personne. Nous avons parlé images, et je me suis dit "Sachant ce dont Michel est capable, j'ai hâte de voir comment il procédera sur telle ou telle scène." Le résultat me paraît d'une grande délicatesse.
»

A. B. : « Michel et Charlie aiment à s'imposer des règles. Ils se fixent certains paramètres, un cadre à l'intérieur
duquel ils s'astreignent à jouer. L'enjeu consistait ici à raconter une histoire d'amour… à l'envers.
»

Sitôt que Joel (Jim Carrey) se soumet à la procédure Lacuna, les souvenirs de sa turbulente histoire d'amour
avec Clementine (Kate Winslet) défilent dans sa tête, des plus récents (et donc des plus volatiles) aux plus anciens. Mais, à mesure que s'évanouissent les réminiscences les plus douloureuses de cette liaison, les plus tendres et les plus optimistes réémergent… et Joel retombe amoureux de Clementine.
En inversant ainsi l'ordre chronologique, Kaufman ne cherchait rien d'autre que de retrouver la vérité du vécu amoureux.



C. K. : « J'ai toujours pour principe d'écrire des choses qui reflètent la vérité, ou tout du moins, ma vérité. Or je ne retrouve rien de celle-ci dans la plupart des films d'amour. Peut-être ont-ils un rapport avec la vie des gens qui les font, mais ils n'en ont certainement pas avec la mienne. Ici, l'histoire d'amour est présentée dans toutes ses dimensions, plaisantes ou déplaisantes, et je me garde bien d'en tirer une quelconque morale. »

Kaufman insista pour ne pas discuter le projet tant qu'il n'aurait pas achevé la première mouture.

C. K. : « J'ai demandé à Michel de me laisser
aller à terme avant que nous n'en parlions.
D'où une attente forcée et sans doute assez frustrante. Lorsque j'eus fini, je réalisai qu'Eternal sunshine serait sans doute mon film le moins comique à ce jour. »

A. B. : « Après avoir refermé son scénario, j'ai
dit à Charlie que j'avais enfin découvert
l'histoire d'amour que je rêvais de voir depuis longtemps. Racontée à la perfection,
avec tendresse et émotion, elle débute à ce stade critique où un homme et une femme ne peuvent plus se supporter l'un l'autre, puis elle remonte à la source de leur amour, au premier regard, au premier élan… et repart en sens inverse, permettant ainsi à Joel et Clementine de revivre leur idylle avec, désormais, la claire conscience de ce qui les
menace. C'est la première fois que je trouvais cela dans un scénario. On voit ce qui attire deux êtres l'un vers l'autre, ce qui les fait tomber amoureux, ce qui les éloigne, et aussi comment la banalité finit par s'installer au sein d'un couple. Certains de ces épisodes sont hilarants, d'autres douloureux. Et l'ensemble vous donne la mesure de la fragilité d'une
relation amoureuse. »

S. C. : « Eternal sunshine décrit avec une grande honnêteté les écueils d'une histoire d'amour. Les gens n'auront
aucun mal à s'identifier à Joel et Clementine et à leur relation dans ses bons comme dans ses mauvais moments. »

M. G. : « Chaque altération de la mémoire d'un de nos personnages devait se refléter dans
le jeu de son interprète. Il nous fallait donc des acteurs inventifs, flexibles, prêts à surprendre et à se laisser surprendre. »

Un scénario à la fois comique et philosophique
ne pouvait manquer d'intéresser la
communauté hollywoodienne, d'autant que Charlie Kaufman avait été cité entre-temps à
l'Oscar pour "Adaptation" et "Dans la peau de John MALKOVICH".

S. C. : « Beaucoup de gens avaient lu Eternal sunshine
avant qu'il ne soit prêt à circuler.
Il est bien difficile de garder un secret à Hollywood. »

Jim Carrey fut parmi les lecteurs de cette
version "officieuse". Il appela les producteurs
pour exprimer son désir d'incarner Joel.

S. C. : « Une bonne nouvelle, qui stoppa net nos
recherches.
»

: « J'étais déjà un fervent admirateur de Charlie. Eternal sunshine toucha en moi une corde sensible, et je pense qu'il en sera de même pour bien des gens. En dépit de sa complexité, ce script est remarquablement accessible, et je pense que c'est son meilleur à ce jour. Eternal sunshine est aussi l'un de ces films rares qui vous font apprécier vos malheurs passés. Je n'aurais pu jouer ce rôle si je ne l'avais vécu pour de vrai. »

A. B. : « Les gens seront sans doute très surpris de voir Jim dans ce
rôle qui ne ressemble à aucun de ses précédents, et de constater qu'il est virtuellement méconnaissable dans plusieurs scènes. »

:
« En fait, c'est moi qui tiens "le-rôle-de-Jim-Carrey" tel qu'on l'entend généralement, alors que Jim joue celui qu'on m'offre le plus souvent. Il fait ici des choses qu'on ne l'avait jamais vu faire à l'écran, incarnant le plus sobre, le plus rationnel, des deux personnages, tandis que je joue la fille totalement chaotique, qui grimace et gesticule. Dans ce film, chacun est utilisé à contre-emploi, ce qui est généralement
une bonne chose. Je n'ai jamais dressé un "plan de carrière" et je continue à rechercher des projets nouveaux qui me lancent un défi. Eternal sunshine n'a rien à voir avec mes films antérieurs. Le script est incroyablement intelligent, brillant et émouvant. Qu'il s'appuie sur une relation amoureuse forte, d'une lumineuse simplicité, m'apparaît aussi comme un
atout important. »

S. C. : « Clémentine demandait une actrice très douée, car c'est
un rôle complexe, riche, très bien écrit. Michel a tout de suite pensé à Kate, qui s'est passionnément investie dans ce projet. »

K. W. : « Le personnage m'a épuisée par ses excentricités, sa drôlerie, ses excès en même temps que par sa vulnérabilité, sa timidité. Mal dans sa peau, à la recherche de son âme et de son identité, Clementine ne me ressemble guère, et pourtant je m'y reconnais par certains côtés. Moi aussi, je peux me conduire en fofolle et jurer comme un charretier. »

A. B. : « Pour ma part, je trouve que Kate ressemble beaucoup à cette fille, ne serait-ce que par son tempérament
volontaire, passionné, imprévisible et aussi du fait qu'elle est totalement adorable. »

J. C. : « Kate est quelqu'un qui vous enrichit. Non contente d'être douée et intelligente, elle est, en réalité, beaucoup
moins dure qu'elle ne croit. »

K. W. : « À première vue, certains trouveront peut-être que Jim et moi formons un couple improbable. Mais cela rend la relation encore plus intéressante.
Jim aime être surpris, improviser, jouer avec le texte, ajouter de petites touches. Un de nos grands bonheurs sur ce film aura été de jouer, jouer à perte de vue. Parfois, nous en perdions la tête et nous écroulions de rire. Je ne savais pas ce qui serait gardé de tout cela, mais nous avions tous pleinement confiance en Michel pour faire le tri.
»

Sur ce couple plane l'ombre inquiétante des quatre personnages de Lacuna qui ont pris le risque d'effacer les souvenirs de Joel et Clementine.

C. K. : « Ce qui m'intéressait dans cette partie du film était de jouer
sur deux échelles temporelles bien distinctes, en alternant l'histoire principale, qui s'étend sur deux années entières, et les histoires individuelles que ces quatre personnages secondaires vont vivre l'espace d'une nuit.
»


Mark Ruffalo interprète Stan, un des deux techniciens Lacuna.

Mark Ruffalo :
« Je n'avais jamais lu un script qui ressemble de près ou de loin à celui d'Eternal sunshine. Puis, après avoir vu Human nature, je me suis dit : "Je me fiche que ce soit un petit rôle, je veux être dans ce film".
»



***

Réalisateur : MICHEL GONDRY
Scénario : CHARLIE KAUFMAN
Idée originale : CHARLIE KAUFMAN & MICHEL GONDRY & PIERRE BISMUTH
Produit par : STEVE GOLIN et ANTHONY BREGMAN
Producteurs exécutifs : DAVID BUSHELL, CHARLIE KAUFMAN, GLENN WILLIAMSON, GEORGES BERMANN
Directeur de la photographie : ELLEN KURAS, ASC
Chef décorateur : DAN LEIGH
Chef monteur : VALDÍS ÓSKARSDÓTTIR
Musique de : JON BRION
Chef costumière : MELISSA TOTH
Producteurs associés : LINDA FIELDS HILL, MICHAEL A. JACKMAN
Casting : JEANNE McCARTHY, CSA
Directeur de production : DAVID BUSHELL
Premier assistant réalisateur : MICHAEL HAUSMAN
Deuxième assistant réalisateur : SCOTT FERGUSON
Superviseur post-production : MICHAEL A. JACKMAN
Chargé de post-production : JEFF ROTH
Chef monteur son : PHILIP STOCKTON, M.P.S.E.
Sound designer/Ré-enregistrements : EUGENE GEARTY
Ré-enregistrements : REILLY STEELE
Cadreur : CHRIS NORR
Scripte : MARY CYBULSKI
Ingénieur du son : THOMAS NELSON
Directeur artistique : DAVID STEIN
Décorateur de plateau : RON VON BLOMBERG
Assistants directeurs artistiques : SCOTT P. MURPHY, HINJU KIM
Maquilleur de Mr. Carrey : ALLEN WEISINGER
Coiffeuse de Mr. Carrey : FRANCESCA PARIS
Coiffures et maquillages de Mlle Winslet : NORIKO WATANABE



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présentation réalisée avec l’aimable autorisation de
remerciements à Anne Crozat
logos, textes & photos ©

Publié dans PRÉSENTATIONS

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